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Les SES et moi : Philippe Askénazy, économiste

L’auteur

Phillipe ASKENAZY est économiste au CNRS et à Paris School of Economics / ENS Jourdan. Son objet d’étude principal est le travail, notamment l’organisation du travail, les formes et les conditions d’emploi, les déterminants de la productivité du travail.

La page professionnelle de Philippe ASKENAZY

Pourquoi avez-vous choisi de faire des SES ?

Comme tous les élèves de seconde alors, j’ai suivi l’enseignement d’introduction aux SES. Ce fut la découverte de disciplines clefs pour appréhender le monde contemporain.
Les mouvements contre la loi Devaquet de réforme de l’enseignement supérieur étaient particulièrement actifs dans mon lycée situé en face d’une université. Ils ont éveillé mon intérêt pour la société et les politiques publiques.
Mais, bon en maths, mes profs -y compris celui de SES- me destinaient à un bac scientifique C puis maths sup -ce que je fis-. Je n’ai découvert l’existence des prépas B/L que lors de mon entrée à l’ENS ; d’ailleurs je crois que la prépa B/L du lycée Saint Sernin à Toulouse n’a été créée qu’ultérieurement. Ainsi, aller plus avant dans une formation en SES passait nécessairement par les prendre en option au Bac C avec un enseignement se poursuivant en première et terminale.

Pouvez-vous raconter un moment qui vous a marqué au cours de cette formation ?

Plus qu’un moment un double état esprit. D’une part, l’acuité à l’étude d’un objet en croisant les regards de plusieurs disciplines. Je m’applique justement dans mes recherches comme dans mes ouvrages plus grand public à dépasser au besoin la seule analyse économique en confrontant et enrichissant par les apports des autres SHS.
D’autre part, l’humilité face à la complexité du monde. J’avais obtenu un 20 au Bac interrogé à l’oral sur la Perestroïka de Gorbatchev. J’avais "démontré" qu’il s’agissait de l’adaptation d’une économie communiste qui assurerait sa pérennité. Cinq mois plus tard, le mur de Berlin chutait...

Aujourd’hui, les SES, c’est quoi pour vous ?

J’en ai essentiellement une vision à travers mes étudiants français. Même au niveau master, on distingue ceux qui sont passés par un enseignement SES. Elles et ils ont souvent une plus grande réflexivité sur les outils et théories économiques et plus généralement sur la société et les politiques publiques.
C’est probablement ce qui agace certains qui attaquent régulièrement les SES et parfois leurs enseignants, rêvant de citoyens et travailleurs dociles.